Julie Roy et Nova Doyon, dir. Le litteraire a l'oeuvre dons les periodiques quebecois du XIXe siecle. Coll.
>, no 3. Centre de recherche interuniversitaire sur la litterature et la culture quebecoises, Universite de Montreal, 2005, 93 p.; 12,00 $. ISBN 2-923356-05-5
Ce troisieme numero des
>, publies par le CRILCQ, questionne de maniere originale la presse periodique du tournant du XIXe siecle au Quebec. En effet, la presse est non seulement analysee ici comme un vehicule d'opinions et d'informations diverses, mais aussi comine une
>. Avec la volonte ferme de renouveler l'etude d'un corpus encore trop peu exploite, quatre jeunes chercheurs tracent differentes voies afin d'approfondir la reflexion sur le role de la presse comme premier appareil de diffusion de la litterature avant de devenir partie prenante de la constitution du champ litteraire quebecois.
Dans son texte
>, Nova Doyon invite les chercheurs a renouveler leurs axes de recherche. Elle rappelle d'abord les travaux des auteurs qui ont defriche ce champ de la litterature dans l'espace public canadien-francais des XVIIe, XVIIIe et XIXe siecles--pensons notamment a Maurice Lemire, Bernard Andres, Marc-Andre Bernier ou Micheline Cambron afin de montrer la richesse culturelle de cette Iongue periode qui a precede la constitution d'un champ lirteraire quebecois autonome. Par la suite, elle precise son objectif: comprendre l'inscription du litteraire dans l'espace public et la constitution d'un public. Cet objectif ne peut etre rencontre que grace a une analyse fine des premiers periodiques, puisque la presse
> (p.15) et la constitution d'un public litteraire. Le texte de madame Doyon, plus programmatique qu'analytique, souligne l'interet que represente l'etude des premiers periodiques pour la comprehension de la naissance et de l'autonomisation de la litterature nationale.
Le second article porte sur une etude de cas, celui du double langage developpe par Henri-Antoine Meziere dans L'Abeille canadienne. Dominique Plante, etudiante de maitrise au moment de la redaction de ce texte, propose une analyse soignee des ecrits de Meziere. Alors qu'on pourrait croire que Meziere a, dans cette publication, abandonne ses idees republicaines inspirees de la Revolution francaise, Plante demontre avec conviction comment il a utilise la strategie du double langage comine l'ont fait plusieurs redacteurs francais de la meme epoque. Meziere utilise ainsi un discours scientifique apparemment inoffensif pour livrer des idees inspirees de la philosophie des Lumieres. L'auteure amorce une comparaison entre L'Abeille et d'autres periodiques francais publies a la meme epoque, comparaison qui se doit cependant d'etre tres prudente, les contextes de production etant completement differents, ce que Plante ne souligne pas suffisamment. Ce texte est neanmoins une bonne reponse a la proposition de Nova Doyon d'analyser les periodiques du debut du XIXe siecle comme des elements de constitution d'un public litteraire.
L'article de Julie Roy porte sur la Gazette ales Trois-Rivieres.
> ne souligne pas uniquement l'apport de la presse periodique comme agent constituant d'un public litteraire, mais
> (P.37). L'auteure y decrit les tensions qui peuvent exister entre realite et fiction quand un dialogue s'installe entre des protagonistes par le biais de la lettre au journal. Une description tres minutieuse des echanges entre les differents intervenants permet au lecteur de mieux comprendre le cadre ...