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Abstract: This paper presents the first actions of the Ordre de Jacques Cartier, a secret society founded in 1926 by a group of French Canadian functionaries in Ottawa. To get out of despair to survive and fight the constant opposition to recognize the right to use French at school and at church, those men decided to use the tools used by their adversaries. They opted for a new leadership, a discret action in the frame of a secret society with an authoritarian superior council, the chancellerie, and local cells, the commanderies. Their first revendications were for use of French, just representation in civil, politic and religious fields, in civil service, and also in school board, and University of Ottawa. The action of Ordre, will soon spread among Canada francais, as a whole.
Resume: Cet article porte sur les premieres initiatives de l'Ordre de Jacques Cartier, une societe secrete fondee en 1926 par un groupe de fonctionnaires canadiens-francais d'Ottawa. Le desir de sortir de la desesperance au sujet de leur survie, et de vaincre l'opposition persistante a la reconnaissance des droits du francais a l'ecole et a l'eglise, inspire ces hommes d'utiliser les memes armes que leurs adversaires. Ils optent pour un nouveau leadership, une action discrete dans le cadre d'une societe secrete dotee d'un conseil superieur autoritaire, la chancellerie, et de cellules locales, les commanderies. Les premieres revendications portent sur l'usage du francais, une representation equitable dans les instances civiles, politiques et religieuses et au sein de la fonction publique. Elles se feront sentir egalement au sein de la commission scolaire et de l' Universite d' Ottawa, et l' action de l' Ordre s'etendra rapidement a l'ensemble du Canada francais.
Introduction
L'entree des provinces au sein de la Confederation a eu des consequences nefastes pour les droits des francophones, sauf au Quebec. Ainsi, le sort de la minorite francophone de l'Ontario, devenu province canadienne en meme temps que le Quebec, a ete fort different de celui de la minorite anglophone au Quebec. La persistance de l'opposition a l'usage du francais a l'ecole et dans les paroisses a ete le fait d'adversaires qui se sont retrouves non seulement dans les rangs des anglo-protestants, mais aussi parmi les catholiques irlandais (3). En raison de cette opposition et des menees occultes des Orangistes et des loges maconniques, les luttes menees depuis 1910 par l'Association canadienne-francaise d'education de l'Ontario (ACFEO), de concert avec les autres associations nationales, avaient connu des echecs successifs. La mauvaise reputation que leur avait value l'etalage public de ces luttes acerbes dans les journaux, a amene les Canadiens francais de l'Ontario a developper une autre strategie de combat. Utilisant les memes armes que leurs adversaires, tis ont cree une societe secrete vouee a leurs propres interets: l'Ordre de Jacques Cartier.
I. L'opposition persistante au francais
L'antagonisme entre catholiques Mandais et catholiques d'expression francaise remonte au XIX e siecle, sous l'Union. En 1924, l'abbe PhilippeServule Desranleau, du diocese de Saint-Hyacinthe, collige des extraits d'un pamphlet publie a Toronto en 1858 sous le titre:
>. Redige par
On demande au pape rien de moins que le rappel du clerge francais present dans le Haut-Canada. En pretendant que les Irlandais et les Ecossais catholiques sont plus nombreux que les Canadiens francais dans le diocese de Bytown, ils font le voeu que le pape trouve dans les Iles britanniques et le Haut-Canada,
Source: HighBeam Research, L'Ordre de Jacques Cartier et les droits des Franco-catholiques en...