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La violence est ce qui ne parle pas.
--Gilles Deleuze (1)
En quelques années, Kendell Geers s'est imposé sur la scène internationale comme un des champions de la violence physique et symbolique, aux côtés d'artistes radicaux comme Santiago Sierra, Oleg Kulig ou Alexander Brener. Certains, pris de vertige devant cet art hardcore qui ne lésine pas sur la poudre à canon, l'hémoglobine, la matière séminale et la transgression, ont pu parler de Shock Art. Mais cette expression semble tout à fait inadéquate. S'il a effectivement uriné dans Fontaine, le fameux readymade de Marcel Duchamp, s'il a parfois jeté des briques dans les vitrines des musées, s'il a demandé à Nicolas Bourriaud et à Jérôme Sans, alors directeurs du Palais de Tokyo, de se gifler (Synaesthesia, 2001) ; s'il a également incité Jan Hoet, le commissaire et ancien directeur du Stedelijk Museum voor Actuele Kunst de Gand, à se rendre chez une dominatrice sadomasochiste pour enregistrer ses cris et les diffuser dans un contexte muséal avec des mégaphones (Truth or Dare, Jan Hoet, 2001), ce n'est pas simplement pour le plaisir de choquer. Geers ne souhaite pas davantage s'en tenir à cet aspect
Terrorisme activiste et site specificity
Geers se compare lui-même à un hacker, car il étudie le système institutionnel dans lequel il intervient comme d'autres analysent Windows pour en repérer les failles et y introduire des Troyens ou des Vers (2). La très érotique série des
L'oeuvre montrait des femmes dans des poses aguicheuses émergeant d'une encre matricielle. Par endroits, la peinture transgressait les limites des cimaises pour venir se répandre en taches compactes à même le sol. Des éclats de verre jalonnaient les plinthes gênant ainsi les déplacements du spectateur. Des statuettes africaines, un squelette et un crucifix emballés dans du ruban rouge et blanc de signalisation ponctuaient l'ensemble. Tout semblait organisé pour tenir le spectateur à distance.
Même si Geers montre ses Luvres dans plusieurs contextes d'expositions, comme dans le cas des
Source: HighBeam Research, Kendell Geers: la violence innommable.