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Quel sera le rôle des sous-officiers (s/off) dans l'Armée de demain et dans l'Armée de l'avenir? Voilà une des questions sur lesquelles portaient les présentations et ateliers organisés dans le cadre du Symposium sur le sousofficier dans l'Armée de l'avenir qui s'est tenu à l'Université Queen's de Kingston en juin 1999. Le cinquième panel, dont je faisais partie, a plus particulièrement étudié les questions suivantes:
* Quel rapport devraient entretenir les officiers et s/off au sein d'une unité?
* Faudrait-il rétrécir ou élargir l'écart dans l'attribution des fonctions, des responsabilités et des rôles de leadership direct entre les soldats en garnison et en opération? (1)
La solution à laquelle est arrivée la majorité du groupe de travail recommandait, pour l'Armée d'aujourd'hui (2), l'intensification du travail en équipe et du perfectionnement professionnel, tout en maintenant le statu quo entre les grades. La mise en Luvre de ces solutions et de solutions connexes proposées par les autres groupes contribuerait grandement à améliorer le rendement à court terme de l'Armée de terre en rehaussant le calibre professionnel du corps des s/off. Je crois cependant que ces solutions ne sont pas adaptées aux profonds changements prévus dans l'Armée de demain, et encore moins aux changements radicaux auxquels nous serons confrontés dans l'Armée de l'avenir. L'Armée de demain est définie comme l'armée telle qu'elle existera d'ici cinq à dix ans, tandis que l'Armée de l'avenir est celle qui existera d'ici 11 à 25 ans.
EST-CE LA FIN DU S/OFF?
Mon article soutient que le concept de catégories distinctes de leadership pour les officiers et s/off disparaîtra. Les changements en matière de technologie, dans la structure sociale, dans les études et dans les méthodes d'affaires modifieront la manière dont les soldats sont recrutés, formés et sélectionnés en vue de promotions. Ces changements influeront également sur la manière dont l'Armée de terre fonctionne en garnison et en campagne. Même si l'hypothèse de la fin des sous-officiers peut sembler exagérée, elle se veut quand même le prolongement logique des tendances actuelles et du fait que le présent système est à l'origine d'un tel changement.
DE SOUS-OFFICIER À " PRESQU'OFFICIER ": TECHNOLOGIE
Les fonctions et responsabilités du s/ off ont augmenté énormément au cours des dix dernières années seulement. Avec la fin de la guerre froide et la réorientation sur des rôles non traditionnels, les s/off des armes de combat ne sont plus de simples pratiquants de la tactique des petites unités ou des logisticiens qui s'occupent de bottines et de farine. Le sergent d'infanterie déployé au Kosovo doit bien sûr connaître ces fonctions, mais il doit également s'y connaître en coopération civilo-militaire, en relations avec les médias, en propagande et contre-propagande, en histoire locale, en culture et en techniques de négociation. La recherche de preuves de crimes de guerre et des criminels qui les ont commis exigera également les compétences d'un officier de police. Par ailleurs, le sergent devra élargir ses connaissances militaires pour être en mesure d'affronter des menaces non conventionnelles comme les personnes piégées à la bombe, les activités de guérilla ou les tactiques d'infiltration, qui sont susceptibles d'être employées par les forces militaires et paramilitaires serbes dans le but de neutraliser la puissance aérienne de l'OTAN.
Le rapport entre l'effectif de la force et le territoire occupé, ainsi que la nature de la mission feront en sorte que le peloton, même s'il fait partie d'une structure plus vaste, devra souvent opérer en mode dispersé. Dans ce contexte, le commandant de section, n'ayant ni le temps ni les moyens de consulter l'autorité supérieure, devra souvent prendre des décisions cruciales fondées sur ses propres connaissances et compétences.
Dans l'Armée de demain, le commandant de section, de détachement ou de véhicule disposera d'un potentiel supérieur grâce à la technologie. Le développement le plus prévisible se situe au niveau de l'amélioration des moyens de communication, voix et données, grâce au Système tactique de commandement, de contrôle et de communications (STCCC). Les dispositifs de communication ressembleront à l'assistant numérique (PDA), par exemple la " commande à paume " 3COM. Les véhicules blindés et les pièces d'artillerie (canon ou roquette) seront en mesure d'utiliser des capteurs, individuellement et collectivement, pour " voir " le champ de bataille. Des assistants cybernétiques, qui ressembleront peut-être aux robots de désamorçage de bombe d'aujourd'hui, pourraient être disponibles et jouer le rôle de transporteurs de munitions, de …