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Jusqu'oø peut-on porter un béret noir ?
C'est maintenant officiel: la formule << nous vivons à une époque fascinante ou stimulante >> est bel et bien usée jusqu'à la corde. Le Corps blindé royal canadien n'a pas su lui non plus éviter ce cliché. Ces dernières années, tous les briefings portant sur l'état de l'Armée de terre dans son ensemble et du Corps blindé en particulier, se terminaient par la même réflexion: le fardeau du succès repose sur les chefs subalternes et sur leur capacité de relever les défis du XXIe siècle. En tant que capitaine << pré-Kingston >>, j'estime faire partie de ce groupe. En tant que professionnel, je suis préoccupé par l'état d'esprit qui semble régner actuellement parmi les membres de ma profession.
Le Corps blindé a récemment participé à de douloureuses discussions portant sur le choix du centre d'excellence en matière de tir à bord de véhicules. Le débat, qui reposait d'abord entièrement sur la question du contrôle des canons de 25 mm, s'est transformé en une lutte tous azimuts axée sur la quête de l'uniformisation. Sans vouloir sembler réfractaire au courant d'opinion qui préconise la simplicité avant tout, je dois avouer qu'il me semble ironique que le Corps blindé, après avoir dirigé des opérations montées pendant près d'un siècle, cède à l'Infanterie le contrôle des IPO des tourelles à peine quelques heures après l'annonce de l'achat des VBL III. Rien n'illustre mieux ce paradoxe que la dissection des ordres de tir.
Je n'ai pas l'intention de ressasser d'anciens motifs de discorde et de les analyser avec l'avantage tout-puissant que confère le recul. Je dois cependant souligner que la …